« Apparemment, je grince trop des dents quand je dors.
– Ah bon ?, demande Mathieu. C’est pas dû au stress ça ?
– Si… C’est un peu dur pour moi en ce moment.
– Je suis désolé de l’apprendre frérot. »
Mathieu tourne la tête vers toi. Tu regardes à travers la vitre, soudain gêné. Tandis que tu vois défiler les maisons et les voitures, il te demande : « Tu veux en parler ? »
Tu décides de saisir la perche, mais savoir par où commencer est aussi difficile que repérer une aiguille dans une botte de foin. Tu expliques à Mathieu que tu te sens parfois mal sans qu’il y ait réellement d’élément déclencheur, et qu’un vacarme assourdissant emplit constamment ta tête. Ça ne s’arrête jamais, ça ne fait que diminuer d’intensité de temps à autre. Mathieu te pose beaucoup de questions sans te juger, afin de t’aider à mettre des mots sur cette énorme pelote d’émotions. Vous finissez par commander des plats à emporter pour manger chez toi, et discutez jusque tard dans la nuit. Après de longs échanges, il te demande :
« Est-ce que je peux faire quelque chose pour t’aider ?
– N’en parle pas à maman, d’accord ?
– Non, elle ne comprendrait pas, répond-il avec un petit rire. Est-ce que ça t’aide d’en parler ?
– Un peu.
– D’accord. Tu sais que tu peux m’appeler dès que tu en as besoin, dit-il en posant l’une de ses grandes mains sur ton épaule. Tu vas t’en sortir petit frère. »