Mercredi matin, il est encore tôt. Ton réveil sonne, tu mets un premier rappel, puis un deuxième… Tu restes au lit, Naïa blottie contre ton ventre. Les minutes s’écoulent et tu sens l’angoisse monter au fur et à mesure. Tu te blottis sous la couette, comme si la chaleur des draps pouvait te protéger du temps qui passe. Tu as presque toujours du mal à sortir du lit, mais aujourd’hui, ça te semble carrément impossible.
Après plusieurs rappels, tu te convaincs que tu ne peux tout simplement pas aller travailler. Tu n’arrives même pas à te redresser, alors l’idée de te préparer et de tenir toute la journée… Sans parler du fait que tu as tellement repoussé l’alarme que tu ne pourrais de toute façon pas être à l’heure.
Naïa te sort de tes pensées en se mettant à miauler. Elle a faim. Tu essayes de l’ignorer mais plus les minutes passent, plus tu sens qu’elle s’agite. Tu finis par sortir de ton lit pour lui donner ses croquettes et à boire. Une part de toi se dit que quitte à être debout, autant aller travailler. Mais une autre part a désespérément envie de se recoucher et d’oublier le monde extérieur. Tu envisages un instant de retourner au lit mais tu te dis que maintenant que tu es debout, autant te préparer et aller au travail. Au pire, tu partiras plus tôt si tu te sens trop mal. Tu arrives au travail avec seulement cinq minutes de retard et personne ne semble le remarquer ou s’en soucier.
En te réveillant, l’idée de passer la journée au travail te semblait impossible, et pourtant, tu es surpris par ta capacité à gérer la situation. Bien que tu sois loin d’apprécier ce que tu fais, qui te semble d’un ennui mortel, tu as basculé dans un mode « pilote automatique » et le temps passe sans que tu t’en rendes comptes. À la fin de la journée, tu rentres chez toi, totalement épuisé mais également fier d’avoir réussi à tenir le coup.