Tu appelles Alicia, qui décroche rapidement. Alors que tu cherches comment lui expliquer ce que tu ressens, tu es submergé par l’envie de la voir. Tu lui proposes de sortir manger et tu remarques sa réaction de surprise et de joie à l’autre bout du fil. Vous vous retrouvez une demi-heure plus tard dans un petit restaurant près de chez toi. Au début, tu hésites beaucoup à lui parler, de peur de passer pour un pleurnicheur. Après une bière, tu commences à te détendre et à t’ouvrir prudemment.
Tu lui expliques que tu te sens vide à la fin de la journée, que tu as l’impression de ne pas vivre véritablement. Tu évoques les sentiments de frustration et de blocage que ton boulot provoque chez toi, et l’impression que le travail t’aspire chaque jour toute ton énergie et ta créativité, alors que tu ressentais auparavant un intérêt sincère pour différentes choses.
Alicia t’écoute avec attention. Le moment te semble bien choisi pour faire un aveu à ta petite amie :
« Alicia, je ne t’ai rien dit mais je vois une psychiatre depuis quelques semaines… Tu dois me prendre pour un fou ?
– Absolument pas, répond Alicia en te prenant la main. C’est super que tu aies sauté le pas. Je vois bien depuis un bon moment que ça ne va pas, j’ai l’impression que tu coules et je n’arrive pas à te faire remonter à la surface. Est-ce que ça te fait du bien ?
– C’est dur à dire… C’est encore assez nouveau. En tout cas, je ne vais pas plus mal.
– Et tu t’ouvres comme jamais. Je suis fière de toi. »
Les larmes te montent aux yeux. Alicia se lève pour te prendre dans ses bras. Vous restez là quelques minutes en silence, ta poitrine secouée par les sanglots, jusqu’à ce qu’Alicia te propose de rentrer tous les deux chez toi. Cela fait bien trop longtemps que tu ne t’es pas senti aussi proche d’elle. La douceur de ses bras et le ronronnement de Naïa, calée entre vos pieds, t’accompagnent dans le sommeil ce soir-là.