Tu prends ton téléphone pour appeler ton frère. Dans ta famille, c’est Mathieu qui t’a toujours le mieux compris. Il faisait toujours attention à toi quand vous étiez petits et vous êtes toujours proches aujourd’hui, même si vous ne vous voyez pas souvent. Tu appelles sur son portable, et il décroche au bout de deux sonneries.
« Hey frérot, content que tu appelles ! Comment ça va ? », te demande-t-il d’une voie enjouée.
Tu lui parles de ta situation. À ta grande surprise, Mathieu te dit avoir remarqué ton comportement depuis un moment, mais il ne savait pas comment aborder le sujet. Il préférait te laisser suffisamment d’espace pour que tu puisses trouver tes propres réponses, sans te mettre une pression supplémentaire comme le font vos parents. Vous restez un long moment au téléphone. Mathieu sait t’écouter et détendre l’atmosphère avec une petite blague, sans te donner l’impression de se moquer de toi ou de ne pas te prendre au sérieux.
« Il faut que je t’avoue un truc. Je vois une psychiatre depuis quelques semaines…
– C’est une bonne chose, frérot. Tu as raison de demander de l’aide. On est là pour toi bien sûr, mais je pense qu’un médecin saura mieux t’accompagner. Est-ce que ça te fait du bien ?
– C’est dur à dire… C’est encore assez nouveau. En tout cas, je ne vais pas plus mal.
– Et tu t’ouvres comme jamais. Je suis fier de toi. »
Mathieu te rassure en te disant que tu peux l’appeler quand tu as besoin d’évacuer le trop-plein. Après avoir raccroché, tu te rends compte que cette conversation t’a fait beaucoup de bien. Tu te sens un peu moins seul de savoir que tu as en Mathieu un allié pour lutter contre la maladie.